Le Tamil Nadu, ou Pays Tamoul, est un Etat du Sud-Est de l'Inde. Sa côte de Coromandel s'ouvre sur l'Océan Indien. Cet Etat, dont la capitale est Chennai (anciennement Madras), comporte une superficie de 130.000 Km² et compte plus de 62 millions d'habitants.

Au Tamil Nadu, comme dans les Etats voisins du Karnataka, de l'Andhra Pradesh et du Kerala, sont parlées des langues dites dravidiennes, et non indo-aryennes comme dans le nord et le centre du pays. Langue officielle et administrative du Tamil Nadu, le tamoul est l'une des plus anciennes langues du monde encore parlées aujourd'hui. Les langues malayalam du Kerala, kannada du Karnataka et télougou de l'Andhra Pradesh, sont structurellement proches du tamoul. Le terme dravidien était autrefois appliqué aux aborigènes de l'Inde refoulés dans le Sud par les invasions indo-européennes, mais tend de nos jours à désigner à la fois des groupes linguistiques et des sociétés de castes du sud de l'Inde. Quoi qu'il en soit, l'Inde méridionale dravidienne a conservé la force des origines.

Le Tamil Nadu fut dominé par deux grandes dynasties : celle des Pallava (VIIe - IXe siècle), dont l'apogée se situe sous le règne du souverain Narasimhavarman Iier (630 - 670), et celle des Chola (VIIe - XIIe siècle). Elles ont favorisé une intense activité architecturale et ont couvert le Tamil Nadu de sanctuaires hindous très caractéristiques et représentatifs de cet héritage dravidien. L'ensemble archéologique le plus important remonte au VIIe siècle, période du Haut Moyen Age indien : le site de Mahabalipuram comporte cinq ratha (sanctuaires) rupestres, le plus grand relief rupestre du monde représentant la Descente du Gange et, sur la côte de Coromandel, le Temple du Rivage (ou Shore temple) dédié à Shiva. Capitale dynastique des Pallava, Kanchipuram comptent parmi les villes saintes de l'hindouisme : on la surnomme la " Ville aux milles temples ". Sous la domination des Chola, furent élevés à Tanjore, le " grenier à Riz " de l'Etat, des temples qui attirent encore de nombreux pèlerins : le Temple de Srirangam et le Temple de Brihadesvara (inscrit au Patrimoine de l'UNESCO). Au XVIe siècle, Trichy (Tiruchirapalli) s'enrichit d'un impressionnant sanctuaire vishnuite, de vingt et un gopuram (en sanscrit, porte monumentale donnant accès au périmètre sacré d'un temple dravidien ; souvent couverte d'une toiture très pentue et haute formée de la superposition d'éléments répétitifs) dont un culmine à 70 mètres de hauteur. Madurai, capitale historique du grand Sud, se distingue par ses temples vivement colorés (XVIIe siècle).

Le Tamil Nadu possède également quelques villes dont les noms évoquent encore le temps des comptoirs commerciaux portugais, hollandais, anglais et français : Madras (Chennai), Pondichéry, sous-préfecture française des Tropiques, et Auroville, " cité idéale " utopique créée en 1968 par la " Mère ", compagne de Sri Aurobindo (lire à ce sujet : CLEMENT Catherine, Les derniers jours de la déesse, Edition Stock, 2006.)

Tout le monde se rappelle de ces dantesques images des ravages de la vague meurtrière consécutive au séisme océanique survenu au large de Sumatra. Depuis ce dimanche 26 décembre 2004, nul n'ignore plus ce qu'est un tsunami, tant sa violence a semé la désolation sur les côtes du Tamil Nadu et l'Asie du Sud. 85 % des 15.000 victimes sont des petits pêcheurs. Le district de Nagapattinam, dans le delta de la Cauvery, a été littéralement balayé. Par contre, les zones côtières bénéficiant d'un cordon dunaire ou d'un relief rocheux ont un peu mieux résisté au déferlement des vagues, comme Chennai, Pondichéry, Mahabalipuram et même Rameswaram. Si la plupart des sites touristiques indiens ont été épargnés, les habitants relatent volontiers cet événement traumatisant qui a souvent coûté la vie à un proche, et souhaitent que la reprise du tourisme relance l'économie et encourage le retour à un meilleur niveau de vie.

CH