Jaisalmer
La perle jaune du Rajasthan : Jaisalmer la dorée,
émergeant comme un mirage des sables du désert du
Thar. L'étincelante forteresse a été fondée
en 1156 par Jaisal, sixième successeur du Maharawal hindou Deoraj.
Située aux confins occidentaux du Rajasthan, Jaisalmer est trop
éloignée des Turcs et des Moghols de Delhi pour subir leur
influence. Elle n'échappera cependant pas aux raids des souverains
rajpoutes. Construit par Rao Jaisal, son système défensif
est éloquent : un rempart ponctué de nonante neuf bastions
et de quatre portes monumentales enclôt la ville sur cinq kilomètres
de long. Jaisalmer est également un lieu de pèlerinage pour
les jaïns, adeptes du respect absolu de toute vie. D'une rare unité
architecturale, la petite ville piétonnière se distingue
par ses nombreux havélis en grès jaune finement ouvragé
à claire et orbe voie. L'abondante ornementation sculptée
de ces riches demeures de négociants, construites pour la plupart
au XVIIIème siècle, révèle la prospérité
acquise par ces marchands ayant su tirer parti de sa position stratégique
sur l'une des routes de la soie. Contre leur protection, les princes rajpoutes
de Jaisalmer faisaient payer de lourds tributs aux caravanes d'épices,
d'opium et d'indigo, qui reliaient la vallée de l'Indus et l'Asie
centrale. Puis, Jaisalmer vit son commerce décliner avec la mainmise
des Anglais au XIXème siècle. Enfin, la Partition entre
l'Inde et le Pakistan traça une frontière pratiquement infranchissable
au commerce. Paradoxalement, les conflits avec le Pakistan, situé
à 80 Km seulement, ont rendu à la région une valeur
stratégique du point de vue militaire.
Les cénotaphes princiers (chhatri) : le Maharawal de Jaisalmer,
Son Altesse Brijraj Singh, - salut aux armes : quinze coups de canons
-, s'attache aujourd'hui à la restauration de ses palais, travaux
qu'il finance lui-même grâce à sa reconversion dans
l'hôtellerie. Il se consacre aussi à la conservation des
cénotaphes familiaux dont l'origine remonte au XIIème siècle.
Au contact de la civilisation Moghole, qui construisait de somptueux mausolées,
les souverains de Jaisalmer ont à leur tour édifié
sur le lieu de leur crémation des chhatri, kiosques coiffés
d'un dôme sur colonnettes; leurs cendres continuent à être
jetées dans le Gange, selon une tradition millénaire. Plusieurs
chhatri ont conservé les stèles représentant les
guerriers défunts ou leurs veuves, mortes en sati (crémation
rituelle des veuves).
CH
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