Le Rajasthan, littéralement le Pays des Princes, est un territoire situé au nord-ouest de l'Inde. Cet Etat princier est bordé à l'ouest par le Pakistan, au nord par le Panjab, au nord-est par l'Haryana, à l'est par l'Uttar Pradesh, au sud par le Gujerat et au sud-est par le Madhya Pradesh. Le Rajasthan est traversé par la chaîne de montagnes des Aravalli, dont l'altitude est suffisante pour empêcher les pluies de mousson d'atteindre le désert du Thar au nord-ouest.

Grand comme les deux tiers de la France, le Rajasthan compte cinquante cinq millions d'habitants. La population, essentiellement rurale, comprend :

- 10 % de Rajpoutes (ou Rajputs : fils de princes): clans guerriers issus probablement des Huns qui    envahirent l'Inde septentrionale au Ve siècle ; fondateurs de royaumes et de principautés au Rajasthan.

- 10 % de Jats : nomades apparentés aux Tsiganes, vivant au Pakistan et dans le nord de l'Inde (Bharatpur)

- des Rebaris (ou Raikas) : peuple possédant de grands troupeaux de moutons et de chameaux, et dont les    hommes arborent de beaux turbans rouges et les femmes des bijoux en argent.

- des Bishnoïs (ou Vishnoïs) : communauté religieuse pratiquant une rigoureuse non-violence (Jodhpur).

- 12 % de tribus, parfois nomades : les Gadia Lohar (forgerons), les Nayak (troubadours et musiciens des    communautés Bhopa, Bhandi et Bhat).

Les fouilles archéologiques ont révélé la présence d'un peuplement à l'époque préhistorique dans la région de l'Indus. Le Rajasthan conserve la trace de l'arrivée de populations d'origine indo-européenne dites aryennes, qui se répandirent en Iran et dans le nord de l'Inde dès le XVIIIe siècle avant notre ère. Leur langue est l'ancêtre des langues indiennes (sanskrit, pali) et iraniennes (avestique, vieux perse). D'autres mouvements de populations vinrent ensuite se greffer jusqu'au début de notre ère.

A cette époque émerge l'empire des Gupta, première lignée à donner une sorte de cohérence à toute l'Inde du Nord. Les Huns ont tenté de combattre la puissance Gupta, avant de se fondre avec les populations indigènes pour former les fameux clans de guerriers Rajpoutes, littéralement les Fils de roi, vers le VIe siècle. Ces preux chevaliers râjasthânis dominèrent politiquement la région du VIIe au XIIe siècle.

Au XIIe siècle, des armées musulmanes d'origine turque, commandées par Mohamed de GHOR, parviennent à défaire leur premier royaume rajpoute. Cette domination durera plus de trois siècles dans la région de Delhi.

Le sultanat de Delhi est renversé en 1526, date marquant l'entrée de l'Inde dans l'ère moghole. Du XIVe au XVIe siècle, le Rajasthan se couvre de palais et d'édifices majestueux. Le règne d'AKBAR le Moghol débute en 1556 et s'achève en 1604. Il ouvre une ère nouvelle pour le Rajasthan, prônant la tolérance religieuse, la diplomatie et l'alliance avec les Rajpoutes (il épousera d'ailleurs une princesse rajpoute). La fin de la dynastie des Grands Moghols est due à l'intransigeance d'AURANGZEB, petit-fils d'AKBAR, qui brisera la politique œcuménique de son sage grand-père et attisera la colère des Rajpoutes et des Hindous.

Débarrassés des Moghols, les Marathes - confédération de royaumes hindous unis contre le pouvoir moghol - établissent au XVIIIe siècle un vaste empire, avant d'être vaincus par les Britanniques au terme de trois guerres (1779 - 1818). Le " Traité de 1818 ", signé par les Anglais et les Rajpoutes, ratifie une promesse d'aide mutuelle en cas d'agression.

Le Rajasthan, bien qu'en marge des autres régions, finit par subir les conséquences de la Partition. En 1947, les 565 maharadjahs, rajas et nawabs qui régnaient encore en souverains héréditaires sur un tiers du territoire des Indes, ont dû se résoudre à mettre un terme à leur domination et à intégrer leurs Etats dans l'Inde indépendante.

La confrérie princière comptait quelques-uns des hommes les plus riches du monde aussi bien que de modestes monarques. Chacun possédait tout de même, en moyenne, 11 titres, 5, 8 femmes, 12, 6 enfants, 9, 2 éléphants, 2, 8 wagons de chemin de fer privé, 3, 4 Rolls-Royce et 22, 9 tigres abattus. Si certains maharadjahs n'étaient que de mégalomanes despotes, un grand nombre de princes offraient cependant à leurs sujets des conditions de vie infiniment meilleures que celles des Indiens administrés par les Anglais.

CH